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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 15:15

 

 

Résumé :

 

« Mon père a refermé la bouche en mâchant dans le vide, il s'est redressé et a regardé sa montre. On était vendredi, je n'avais pas école le lendemain. Donc je pouvais l'aider. Embarrassé à l'idée de m'imposer sa vie, il trouve toujours un moyen d'alléger le truc. Là, il a dit : — Bon alors mon Polo, tu viendé ou pas ce soir ? Une petite faute de français rigolote pour soulager tout ça, un peu d'humour pour camoufler le désastre de la soirée. Une soirée qui s'avère être sa vie en fait. J'ai souri, ça détend mon père, et j'ai répondu comme à chaque fois : — Je viendé, je viendé... Je l'aime mon père, mais j'ai du mal à l'admirer. Souvent, quand je le regarde, il est à quatre pattes, alors forcément ça manque un peu de hauteur tout ça... » Avec le sens de la formule, le rythme virevoltant, la verve irrésistible qui ont fait le succès, en librairie et au théâtre, de Confidences à Allah, Saphia Azzeddine donne la parole à Paul, 14 ans. Il a une famille impossible, des amours inexistantes, sa cité est lugubre, son avenir douteux, mais il a découvert une arme pour s'en sortir : les mots, et il commence à se demander si la fatalité ne peut pas être vaincue, parfois.

 

Mon avis :

 

Je voulais découvrir Saphia Azzedine depuis quelque temps déjà, et j'ai finalement choisi Mon père est femme de ménage car c'est le livre dont la thématique m'intéressait le plus.

 

J'ai globalement bien aimé ce roman. On s'attache à cet adolescent tiraillé entre son amour pour sa famille (pour son père surtout) et la honte qu'elle lui inspire. L'auteur parvient bien à saisir les personnages grâce aux mots qu'elle leur fait prononcer. Elle se met dans la peau de Paul (Polo), narrateur et personnage principal, qui raconte avec son langage d'ado de 14 ans l'histoire de sa vie. Le lecteur passe alors, comme lui, par tous les sentiments. Il se montre souvent cruel dans le jugement qu'il porte sur son père, mais on ne peut s'empêcher de lui donner raison. Puis il se sent coupable de l'avoir si mal considéré quand celui-ci fait preuve de générosité ou de bonne volonté, nous plongeant nous aussi dans la culpabilité. Les scènes du compte en banque et de la réunion parents/professeurs sont très bien amenées à cet effet. De même, le repas familial avec la tante est très bien trouvé.

 

Ce roman est aussi très drôle. Saphia Azzedine trouve de bonnes formules et de bonnes chutes. Le vocabulaire est parfois cru, brut. En lisant, j'ai beaucoup pensé à la chanson de J-J Goldman, "Envole-moi". C'est tout à fait ça, ce besoin de s'extraire de sa condition par les mots : "Non, les mots de la bibliothèque m'arracheront à mon destin de beauf", dit Paul. La fin est peut être un peu décevante pour ceux qui croyaient en cet adolescent ayant soif de culture. Mais elle est peut être plus réaliste. Un livre à lire.

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Published by Eléa291
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