Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Livres, films, pièces de théâtre et spectacles en tout genre...
  • : « La culture est ce qui fait d'une journée de travail une journée de vie. » Georges Duhamel
  • Contact

Rechercher

Catégories

7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 23:31

 

 

Résumé :

 

Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’ailleurs en tant qu’échec et y trouvant même une certaine paix : l’absence de lutte, enfin. « Savoir s’accepter » devient l’un de ses mots d’ordre… À force de solitude, il finit par converser avec son GPS au long de ses pérégrinations de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri. Il tombe amoureux de cette voix désincarnée, lui imaginant même une personnalité, et les dialogues engagés avec elle partagent le lecteur entre le rire et la compassion. Le drame essentiel réside pourtant dans la relation avec son père, dont il découvre en lisant son journal qu’il était homosexuel et l’a conçu, lui, Max, par accident pourrait-on dire. Mais il va tout de même essayer de se réconcilier avec ce père et même, de lui faire retrouver son ami de cœur, l’extraordinaire Roger S. Un échec là encore, mais l’échec est l’un des ressorts du comique… Jonathan Coe renoue ici avec la veine comique tout en gardant la même complexité, la même précision, la même habileté que dans ses livres précédents. Tout à la fois drôle, bien construit et situé à la pointe du contemporain, le roman procède par mélange de genres, suite d’échos, de souvenirs récurrents, de parallèles, de rappels, pour tenter de cerner la grand interrogation : jusqu’à quel point la vie peut être considérée comme une fiction ?

 

Mon avis :

 

Lire un Jonathan Coe est toujours une expérience intéressante, voilà pourquoi je me suis lancée dans la lecture de son dernier-né, le troisième à mon actif. Bien qu'il soit agréable à lire, il est pour l'instant celui que j'ai le moins aimé.

 

J'ai pris du plaisir à lire cette histoire car l'écriture est fluide, l'histoire est intéressante et Coe trouve encore de très bonnes idées (le VRP en brosse à dent, le GPS, et surtout l'image de la chinoise et de sa fille). Il réussit très bien à faire le portrait du parfait loser, avec son métier banal, son physique bedonnant, sa famille disloquée et sa solitude pesante, sans pour autant le rendre antipathique. Maxwell Sim reste très touchant du début à la fin, c'est un personnage qui peut parler à tout le monde. J'ai peu ri sur sa situation censée être comique à certains égards. 

 

Jonathan Coe garde en fil rouge de ce récit la dénonciation des relations déshumanisées entre les gens, avec l'avènement de Facebook, d'Internet et des autres appareils numériques. Bien sûr, on ne peut que rejoindre l'auteur dans ce constat, et il est vrai qu'en refermant le livre, on a envie de rencontrer de nouvelles personnes, voire d'engager la conversation avec son voisin dans le métro. Cependant, je ne peux m'empêcher de penser que pour un auteur de la trempe de Coe, c'est un sujet un peu facile, un enfoncement de portes ouvertes, si je puis dire.

 

Parvenue à la dernière partie du roman, j'ai eu très peur que tout cela finisse en eau de boudin. La réconciliation père/fils est trop mièvre et ne tient pas la route, et que dire de la découverte que Max fait sur lui-même, complètement improbable. Je me suis dit que non, vraiment, c'en était trop pour un seul roman. Et finalement, la révélation ultime a le mérite, sinon d'être originale, de venir rétablir ce final bancal. Je ne suis pourtant pas emballée par ce genre de fin qui met en abyme le rôle de l'auteur, j'ai toujours l'impression qu'elle est la fin réponse à tout.

 

Un roman certes sympathique, mais globalement assez décevant. Quand j'ai vu en épilogue du roman, que celui-ci a été écrit (en partie) lors d'un séjour de Coe dans une résidence d'écrivain, j'ai mieux compris !

Partager cet article

Repost 0
Published by Eléa291 - dans Littérature
commenter cet article

commentaires

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
.