Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 21:58

 

 

Résumé :

 

La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d'inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu'il n'était pas venu chercher : les odeurs de l'enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d'une famille oubliée - peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d'autres questions l'attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire.

 

Mon avis :

 

J'ai peu de temps pour mettre mon blog à jour ces derniers temps, mais je tenais beaucoup à écrire un article sur cette magnifique bande dessinée qu'il m'a été donné de lire récemment.

 

Je sais qu'on encense un peu trop ce livre, et que ça peu créer un agacement et /ou une déception après lecture. Ce me rappelle un peu le Polina de Bastien Vivès que tout le monde a adoré et qui ne m'avait pas fait tellement d'effet. Mais ce Portugal là, c'est une toute autre histoire. Quelle beauté ! Les dessins, les couleurs chaudes (mention spéciale à Ruby pour la dernière partie, magnifique), les dialogues... Chaque changement de ressenti ou de lieu donne lieu à un changement graphique très réussi. Et puis certaines cases, certaines situations sont touchées par la grace, notamment quand Simon se retrouve immergé dans la langue de ses ancètres. C'est tout à la fois émouvant, drôle, triste...

 

J'ai refermé ce gros ouvrage et je n'ai eu qu'une envie : dire un grand merci à Cyril Pedrosa. Merci pour ce moment de poésie et de tendresse, merci d'avoir si bien reproduit les sentiments des enfants et petits enfants d'émigrés (en tout cas d'avoir si bien reproduit les miens) et surtout, merci d'avoir rendu un si bel hommage au Portugal. Les dernières planches de paysage sont absolument sublimes.

 

Une bande dessinée, que dis-je, un beau livre à acheter de toute urgence ! 

Par Eléa291
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Vendredi 11 novembre 2011 5 11 /11 /Nov /2011 16:27

 

 

Résumé :

 

Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? "Pourquoi veux-tu me rencontrer ?" demande Léo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s'esquiver pour mieux... s'aimer !

 

Mon avis :

 

J'avais bien aimé le premier tome de cette histoire et la fin m'avait plu, je n'attendais donc pas particulièrement de suite à la relation entre Emmy et Léo. Mais puisque l'auteur en a décidé autrement, je n'allais pas m'en priver !

 

J'ai lu aussi vite ce roman que le précédent. Je l'ai lu avec plaisir mais j'ai moins accroché. Ce qui faisait l'intérêt de la relation entre Emmy et Léo, c'est la tension présente entre eux du fait qu'ils ne s'était jamais vu. Or, dans ce tome 2, ils se rencontrent assez rapidement, la suite se révèle donc moins intéressante. Je conçois toutefois que l'auteur n'avait pas tellement le choix, il fallait bien faire avancer l'histoire (ou, ce qui aurait été mieux, ne pas faire de suite !).

 

Hormis cela, on retrouve les même ingrédients dans les deux livres, Emmy est toujours énervante tandis qu'on se prend encore d'affection pour Léo. Cependant, j'ai trouvé que les deux éléments dans la vie des deux personnages qui mènent au dénouement sont un peu faciles...

 

Bref, un roman sympathique tout de même !

 

 

Par Eléa291
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 16:32

 

 

Résumé :

 

Sur les rives d'un lac glaciaire au coeur de la péninsule de Kenai, en Alaska, Irene et Gary ont construit leur vie, élevé deux enfants aujourd'hui adultes. Mais après trente années d'une vie sans éclat, Gary est déterminé à bâtir sur un îlot désolé la cabane dont il a toujours rêvé. Irene se résout à l'accompagner en dépit des inexplicables maux de tête qui l'assaillent et ne lui laissent aucun répit. Entraînée malgré elle dans l'obsession de son mari, elle le voit peu à peu s'enliser dans ce projet démesuré. Leur fille Rhoda, toute à ses propres rêves de vie de famille, devient le témoin du face-à-face de ses parents, tandis que s'annonce un hiver précoce et violent qui rendra l'îlot encore plus inaccessible. Après Sukkwan Island, couronné par le Prix Médicis 2010, le second roman de David Vann est une oeuvre magistrale sur l'amour et la solitude. Désolations confirme le talent infini de son auteur à explorer les faiblesses et les vérités de l'âme humaine.

 

Mon avis :

 

Si j'ai voulu lire ce roman dans le cadre du match de la rentrée littéraire organisé par PriceMinister, c'est parce que j'avais beaucoup aimé Sukkwan Island, le précédent livre de David Vann dont j'avais fait la critique sur ce blog. Il m'avait fait forte impression et j'espèrais avoir un sentiment similaire avec Désolations.

 

Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé ce roman, mais je n'ai pas eu de coup de coeur. J'ai été un petit peu déçue par ce nouvel ouvrage. Bien sûr, on retrouve des éléments du premier roman : l'Alaska, l'île déserte, le rapport de force entre les personnages... J'ai ressenti le même malaise dû à l'atmosphère oppressante que construit l'auteur. Même si on n'est plus dans un huis clos et qu'on suit le destin de trois couples, on est quand même mal à l'aise lors des faces à faces, entre Gary et Irène notamment.

 

Là encore, on a du mal à comprendre les réactions et les décisions des personnages. J'ai eu une folle envie de secouer tour à tour Gary et Irène qui s'empètrent dans des obligations morales sans oser réagir. De même avec Rhoda et Jim qui forment un couple tellement mal assorti qu'on se demande ce qu'ils font encore ensemble. En ce qui concerne la fin, je m'y attendais, comme sans doute tous les lecteurs de Sukkwan Island, et j'ai été déçue que David Vann cède à cette facilité. Pourtant, l'idée de la migraine destructrice d'Irène était bonne, et aurait mérité un meilleur épilogue.

 

Ce qui m'a le plus gêné est le vocabulaire assez technique qu'on retrouve tout au long du roman, que ce soit à propos des bateaux ou des matériaux de construction pour la cabane. J'ai trouvé également que les descriptions interminables de la nature environnante nuisait à la fluidité du roman. C'est cependant intéressant de voir que cette nature, censée représenter un idéal face à la difficulté des rapports humains, se révèle être une vériatble prison qui accable les personnages.

 

Pour conclure, ne lisez pas Désolations si vous prevoyez de visiter l'Alaska, ou pire encore, si vous êtes sur le point de vous marier ! Merci à PriceMinister et à son opération "Les matchs de la rentrée littéraire" pour cette lecture !

 

Par Eléa291
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Lundi 17 octobre 2011 1 17 /10 /Oct /2011 00:09

 

 

Résumé :

 

Un adolescent doué pour la magie est recueilli par un grand magicien et son épouse qui vont l'élever comme leur fils. Une relation étrange, entre jalousie, amour et rapport de force, va s'installer entre le père et le fils.

 

Mon avis :

 

Je me suis demandé s'il était vraiment nécessaire que je fasse la critique du nouveau Nothomb que, pour la première fois depuis que je lis cet auteur, je n'ai pas acheté lors de la rentrée littéraire.

 

Amélie Nothomb se révèle donc égale à elle même en publiant un roman vite lu et vite oublié. Depuis Ni d'Eve ni d'Adam en 2007, les années se suivent et se ressemblent dans la mauvaise qualité. J'ai trouvé Tuer le père sans intérêt, qu'il s'agisse de l'histoire qui ne m'a jamais intéressée, mais aussi (et surtout) le style qui abuse d'anglicismes et est dépourvu de toute l'ironie qui caractérise l'auteur.

 

J'ai refermé le roman et je n'en ai rien retenu. Je me suis surprise deux jours plus tard à me demander "Comment se finit le livre, déjà ?". Bref, à ne pas acheter si possible, voire à ne pas lire !

Par Eléa291
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Jeudi 6 octobre 2011 4 06 /10 /Oct /2011 20:49

 

 

Résumé :

 

"'Je vous ai accordé une salle. Une salle, vous savez, ça n'a pas de prix. C'est la 229, bâtiment G. G229. Allez chercher la clé chez la concierge. Bon, je crois que cet entretien est terminé. Nous nous croiserons souvent désormais. Bienvenue ici.' Je remercie le proviseur, mais il ne m'écoute déjà plus. Un proviseur, ça a beaucoup de choses à penser. Un prof, non... Un prof, ça ne pense qu'à une chose, ses classes. Puis soudain, il est de nouveau là, présent. Il me fixe. Il dit : 'Le plus dur, dans le métier, vous savez, c'est de manier le on et le je.' Je réponds que euh, je ne suis pas sûr de comprendre. 'C' est une institution, l'école. Vous entrez dans un bulldozer. Il faut arriver à en devenir membre sans perdre son individualité. Ce n'est pas aussi facile qu'on le croit, vous verrez. Le on et le je. Réfléchissez-y. Bonne chance !'"

 

Mon avis :

 

J'avais déjà entendu parler de Jean-Philippe Blondel, mais je n'avais jamais eu la curiosité d'ouvrir un de ses livres. Le thème de son dernier roman, à savoir le métier de prof, m'a poussé à le faire.

 

J'ai vraiment beaucoup aimé. Il se dégage une telle mélancolie et une telle tendresse de ce livre que j'ai souvent eu la gorge serrée en lisant certains passages. La transmission, le temps qui passe, les élèves qui vont et qui viennent, les rêves de jeunesse qui ne se réalisent jamais... Et puis ce métier répétitif et un peu décourageant parfois, jusqu'à ce qu'une situation, un élève, vous convainquent que c'est le plus beau métier du monde. J'ai apprécié cette succession de hauts et de bas, ce tableau nuancé et réaliste.

 

Ce que j'ai particulièrement aimé, c'est que je me suis souvent retrouvé dans ce livre. Je ne suis pas prof mais j'ai évidemment été élève, et j'ai longtemps été attirée par le professorat. Tout le positif que Blondel tire de ce métier a vraiment résonné en moi. J'ai particulièrement aimé l'analyse de cette inspectrice, qui affirme que le narrateur est prof parce qu'il ne veut pas abandonner définitivement ses 17 ans. Et puis j'ai adoré le style, fait de phrases courtes qui donnent un vrai rythme à l'histoire.

 

Je recommande chaudement ce roman, qui redonne envie de retourner au lycée autant qu'il donne envie d'être prof !

Par Eléa291
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